La taille des onglons un acte simple et pourtant souvent négligé

Les moutons sont des animaux à onglons, c’est à dire qu’ils ont des ongles. Huit pour être exacte, soient deux au bout de chaque membre. Sorte de mini-sabots, ces ongles poussent régulièrement. Ils s’usent toutefois plus ou moins régulièrement. C’est là que le berger entre en scène. Chez certains membres du troupeau, souvent la plupart, il doit couper la corne en trop de manière à conserver les aplombs normaux de ses moutons. La taille des onglons est essentielle.

Malgré sa rusticité, le mouton d’Ouessant a besoin d’un parage régulier

Le mouton d’Ouessant est rustique. C’est un fait indubitable qui induit en grande partie le regain d’intérêt pour cette variété ovine. Malgré cela, il a besoin que son berger participe au maintien de la santé de ses onglons en les parant.

Parer un pied (un sabot, un onglon), c’est éliminer la corne en trop. Cette action permet  d’éviter la déformation de l’onglon  qui le plus souvent s’allonge en pointe et se surélève en talon. Sans intervention humaine et ainsi modifié par la pousse de la corne, le sabot ne permet plus au mouton d’avoir les mêmes appuis. Cela va induire à moyen terme des boiteries par une fatigue des tendons et des articulations sollicités dans la locomotion.

Et le mouflon alors?

On compare souvent le mouton d’Ouessant au mouflon. Mais qui pare les onglons des mouflons? Personne… c’est un autre fait indubitable. Les facteurs responsables de l’usure naturelle incluent, entre autres, la fréquence des déplacements, la nature du sol et le type de détention (en plein air ou en bergerie). Or le mouflon évolue sur des surfaces variées, d’une dureté et d’un pouvoir d’abrasion plus ou moins importants. Il est dehors de jour comme de nuit, été comme hiver. Nulle détention en bergerie où le sol est mou (litière) et souvent humide.

Par ailleurs, les sujets sauvages ayant de mauvais aplombs, une mauvaise corne, une usure insuffisante de la pousse de la corne, etc. tout facteur induisant à terme des difficultés locomotrices sont probablement rapidement éliminés. Un mouflon qui boite est une proie plus facile pour son prédateur. Selon l’ampleur de la boiterie, un mouflon boiteux est également moins à même de se déplacer pour se nourrir correctement. A terme, les boiteux sont éliminés. La sélection naturelle fait son travail.

Question de sélection

Chose que l’homme ne fait pas, n’est-ce pas? En effet, le berger choie ses moutons. Il permet à certains sujets dont les aplombs ne sont pas forcément les meilleurs de durer dans le troupeau, voire de se reproduire.

En effet, les aplombs sont rarement le premier critère de la sélection humaine. Les animaux de rente sont choisis pour la qualité et la quantité de leur viande et de leur lait, ou encore de leur production de laine.

Les moutons de « compagnie », catégorie dans laquelle se reconnait le Ouessant, sera d’abord sélectionné pour sa petite taille, son joli cornage, la présence ou non de pendeloques, puis enfin pour ses aplombs et la qualité de ses sabots. Et ce, dans le meilleur des cas, quand le berger porte attention à la conformation de ses moutons. La plupart des Ouessant vivent en petits troupeaux de 3 à 5 individus. Il s’agit de troupeaux familiaux où chaque sujet est apprécié pour lui-même et non pour ses caractéristiques physiques.

Concrètement…

Ainsi, le berger devra couper la corne des onglons de ses moutons plusieurs fois dans l’année. Deux à trois fois généralement. La fréquence de cet entretien est à déterminer selon les critères déjà invoqués. A savoir: les qualités intrinsèques de chaque mouton membre du troupeau (aplombs, qualité de la corne…), la qualité des sols et le type de détention.

Pour estimer s’il est temps de parer les pieds de ses moutons, il suffit de les regarder. Au sol, si l’ongle parait allongé en « babouche », il est temps de le raccourcir. En attrapant ses moutons et en regardant les onglons par dessous, on voit nettement la corne en excès qui s’enroule sous le pied, la pointe de l’ongle qui s’allonge et parfois même la corne sous les talons. Tout cela doit être coupé: la pointe bien raccourcie, la corne enroulée sous le pied coupée et les parois descendues. Le pied devient alors nettement plus petit. 

 

Un parage régulier maintient le pied dans sa forme « naturelle ».  Ainsi, un pied sous lequel la corne en excès s’est enroulée au point de recouvrir l’entièreté de la sole (surface du pied) est le signe d’un manque d’entretien, de négligence.

La taille des onglons de nos Ouessant en pratique

C’est au minimum deux tailles annuelles. Pour certains sujets, il s’agit d’une simple vérification. Tandis que pour d’autres la séance est essentielle, certains auront encore besoin d’un ou deux parages supplémentaires. 

Selon son degré de coopération, le mouton est manipulé assis sur ses fesses ou couché sur le côté, alors immobilisé par le poids de sa bergère. De cette manière, les onglons des membres fléchis sont alors accessibles et ils peuvent être raccourcis au moyen d’un simple sécateur à rosiers. Les classiques pinces à onglons étudiées pour moutons « standards » sont trop grosses pour permettre une taille minutieuse des petits onglons des Ouessant.

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